La Sculpture Berikaoba à Tbilissi, située juste à l'ouest de la rivière Mtkvari et à proximité du célèbre Rezo Gabriadze Puppet Theater et de la basilique Anchiskhati of St. Mary, saisit une scène vibrante figée dans le bronze. Le groupe, un cercle de danseurs joyeux, chacun d'une expressivité singulière, rend hommage à l'ancienne tradition géorgienne du Berikaoba, rituel printanier profondément ancré dans le passé païen du pays.
Bien avant que la Géorgie n'adopte le christianisme au début du IVe siècle, son paysage culturel était un riche mélange de croyances, dont le zoroastrisme et l'hellénisme. Le Berikaoba, dont les origines demeurent en partie mystérieuses, célébrait l'arrivée du printemps et la promesse de fertilité et de bonne fortune. Les festivités mettaient en scène des personnages masqués, appelés berikas, qui parcouraient les villages en récoltant des offrandes telles que des œufs et du vin. En retour, les villageois espéraient une saison abondante et prospère. La fête était marquée par des banquets, des luttes et divers jeux, reflétant les espoirs et les désirs de la communauté. Si la coutume a en grande partie disparu, quelques villages du Kakheti perpétuent encore la tradition, et l'esprit du Berikaoba demeure dans la sculpture d'Avtandil Monaselidze, érigée en 1981.
Ce hommage sculptural au Berikaoba reflète aussi l'histoire culturelle plus large de la Géorgie, terre de traditions et de rituels variés. Le Berikaoba a évolué vers un théâtre populaire improvisé et masqué, caractérisé par des scènes allant de l'érotisme à la satire politique et au commentaire social. Le nom Berikaoba vient de la racine commune kartvélienne « ber », signifiant « enfant », évoquant les thèmes de renouveau et de renaissance au cœur de la célébration.
À l'origine interprété lors des fêtes païennes célébrant l'abondance, le Berikaoba s'est adapté au fil des siècles pour être joué lors de fêtes chrétiennes comme Pâques, ainsi que lors de mariages, mêlant ainsi l'ancien et le nouveau. La sculpture se trouvait initialement devant un musée de poupées, remplacé ensuite par un immeuble aux balcons colorés ; elle se dresse aujourd'hui à la lisière nord du quartier le plus ancien de Tbilissi, accessible en permanence à tous les visiteurs.
