Perchée à 170 m d'altitude, au cœur de la région de Samtskhe-Javakheti, dans la municipalité d'Adigeni, se dresse un symbole du passé doré de la Géorgie : Okros Tsikhe, la Forteresse d'Or. À proximité du pittoresque village de Boladjuri, cette forteresse couronne un imposant éperon rocheux, représentant un défi redoutable pour quiconque ose l'approcher, apparemment inaccessible de plusieurs angles. Okros Tsikhe (également appelée Okrostsikhe) se présente comme un phare éclatant parmi les forteresses géorgiennes, témoignage du riche patrimoine du pays.
Plongeant dans les annales de l'histoire, Okros Tsikhe fut la place forte de la célèbre famille Jaqeli. Construite probablement à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle, cette forteresse faisait partie intégrante d'un système de fortifications défensives du domaine des Atabegs. Sa date de construction précise demeure toutefois enveloppée de mystère, faute de documents écrits anciens apportant des éclaircissements.
Malgré ses origines quelque peu obscures, Okros Tsikhe prit une place centrale durant l'occupation turque aux XVe et XVIe siècles. Grâce à sa position stratégique et à sa solidité, elle pouvait résister à de longs sièges, contrôler de vastes territoires et garder des voies de communication essentielles, servant de rempart aux Meskhétiens. Lors de l'invasion menée par le commandant turc Lala-Pasha en 1578, Dedisimedi, l'épouse de Qaikhosro Atabagi, se réfugia dans la Forteresse d'Or, tentant courageusement de protéger le Samtskhe des envahisseurs.
Édifiée en énormes blocs de pierre grossièrement taillés, l'enceinte d'Okros Tsikhe s'élève sur environ 10 mètres. Le plan de la forteresse épouse la surface rocheuse irrégulière sur laquelle elle repose, les murailles artificielles se fondant dans le massif. Les remparts, renforcés par de hautes tours, descendent abruptement tant sur les versants sud que nord.
Grâce à sa position stratégique, la Forteresse d'Okros Tsikhe resta un ouvrage défensif important jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, elle demeure un symbole intemporel de la résilience géorgienne, un monument imposant qui résonne des récits de défi, de courage et de survie.
